Archive

Archives pour la catégorie ‘Philosophie’

L’envers du dubstep, quand la musique raconte la ville

30/05/2011 RF Aucun commentaire

Dubstep save my life par Step Art and PupaJim

Urban After All S01E09

Peut-on comprendre l’espace urbain d’aujourd’hui en s’intéressant aux formes musicales qui émergent en son sein ? C’est une question qui intéresse depuis un certain temps les sociologues et autres chercheurs en cultural studies. Des travaux ont ainsi abordé l’importance du jazz dans les années 60, du hip-hop dans les années 70-80 et de la musique électronique dans les années 90.

Il est cependant intéressant d’observer des formes plus récentes et de décrypter ce qu’elles révèlent sur l’urbanité en ce début du 21e siècle. Parmi les formes actuelles, c’est le dubstep qui m’intéresse en particulier car il témoigne d’un double rapport à l’espace urbain. Il est d’une part un pur produit de son environnement de naissance (la ville occidentale postmoderne) mais il vient aussi altérer nos perceptions pour former une urbanité originale.

dubstep

Dubstep, WTF !?

Dubstep : Croisement assez naturel du 2-step [en] avec divers éléments de breakbeat ou de drum’n bass avec un traitement du son dub. Né dans le sud de Londres, les morceaux sont en général très syncopés avec des beats espacés donnant une ambiance nerveuse. Le rythme est d’ailleurs bien souvent plus donné par les basses que par les beats. L’atmosphère qui s’en dégage apparaît à la fois sombre (sons crades, étouffés) et futuriste (samples furtifs, utilisation massive du delay et de l’écho).

Des restes hérités de style musicaux antérieurs viennent parfois sortir l’auditeur de cette atmosphère. Ce peut être le phrasé saccadé et inquiétant d’un MC ou l’utilisation de certains échantillons de voix reggae, seule présence chaleureuse et quasi nostalgique dans ce mélange sombre. Au final, le mariage entre ces caractéristiques donne un effet étrange et fascinant de torpeur mélangé à une certaine nervosité.

Lire la suite sur OWNI

Categories: Divers, Philosophie Tags:

Etudes universitaires & biens collectifs

23/01/2011 RF Aucun commentaire

Un étudiant allemand cherche à consulter un article référencé sur Internet. Et le cauchemar commence…

On lui indique qu’il ne peut le faire que dans une bibliothèque (publique) ayant acquis les droits sur l’article en question. Il se rend à cette bibliothèque mais il doit attendre car un autre lecteur est dessus et les droits stipulent qu’on ne peut lire l’article simultanément !

Un peu de patience, la place se libère et il peut enfin parcourir son article. Et là, nouvelle stupeur, impossible de sauvegarder, rechercher, ni même copier/coller tout ou partie de l’article !

C’est une histoire démente. C’est une histoire fictive qui se rapproche chaque jour un peu plus de la réalité. Je me demande même si elle n’existe pas déjà quelque part. Bienvenue au XXIe siècle…

Cliquez ici pour lire la suite

Categories: Droit, Economie, Philosophie Tags:

«Le totalitarisme appartient à l’histoire de la démocratie»

14/11/2010 RF Aucun commentaire

Dans son tome III de «l’Avènement de la démocratie», l’historien Marcel Gauchet envisage les épisodes stalinien et nazi comme des manifestations d’un «désordre interne» aux régimes libéraux nés au XIXe siècle

Pour lui, la démocratie n’est pas un modèle fixe, mais une aspiration qui se cherche sans cesse et ne trouve sa forme qu’au rythme des obstacles et des contradictions qu’elle rencontre. Minutieuse et passionnante analyse des épisodes stalinien et nazi, le tome III montre que «le totalitarisme n’est pas une pathologie extrinsèque, mais une excroissance révélant, en son anomalie, un désordre interne».

Lire la suite

Categories: Histoire, Philosophie, Politique Tags:

L’avenir m’effraie et m’excite

13/09/2010 RF Aucun commentaire

Par Thierry Keller, Blaise Mao et Jérôme Ruskin sur Owni .

Tremblements

A ma « gauche », la peur. Ce sentiment terrible de vertige qui s’empare de moi quand il me prend l’envie masochiste de regarder le JT, d’ouvrir un journal ou tout simplement de marcher dans la rue les yeux grands ouverts. Peur de contracter la grippe A quand le quidam en face de moi éternue, peur de la refiler à mes enfants. Peur aussi de me faire vacciner, et de vraiment l’attraper, car on nous ment, le gouvernement a besoin de froussards comme moi pour écouler ses doses. Peur de rentrer chez moi par le dernier RER. Peur de traverser le quartier qui craint après 21 heures. Si je suis une femme, peur d’attirer le regard salace de la bande de racailles (avant, on disait loubards) qui squattent le hall. S’habiller en mec. Avoir l’air méchant.

Cheveux longs

A ma droite, la liberté. Mes pulsions de liberté. Je me laisse pousser les cheveux. La barbe aussi, c’est à la mode. A 45 ans, je suis beau comme un camion avec mes Converse toutes neuves et ma veste de treillis kaki. Je voyage. Je suis un citoyen du monde. Skype me connecte à ma petite sœur partie tenter sa chance en Nouvelle-Zélande. Sur Twitter, je me solidarise avec mes amis iraniens. J’étais à New York pour l’élection d’Obama. J’ai pleuré en écoutant Angela Merkel, sous la pluie, parler de « Freiheit », liberté, sur les vestiges du Mur. Je file à Berlin, 45 euros aller-retour avec Easy Jet. Assiste à la performance d’une artiste mi homme mi femme. M’envole pour Amsterdam. Nouveaux quartiers et coffy shop. Même fumer une cigarette au comptoir me paraît dingue. Alors choisir mon herbe sur le menu…

Cliquez ici pour lire la suite

Categories: Philosophie, Politique Tags:

Télécharger, l’âme de l’informatique

07/08/2010 RF Aucun commentaire

En quoi le partage est-il du vol ? Télécharger constitue la nature profonde de toute l’informatique: copier des données, transférer des informations; le numérique n’est que partage, et ne doit donc qu’être libre et neutre.


Jésus approuve ce concept

Categories: Economie, Philosophie, Politique Tags:

L’Histoire n’est-elle qu’une tragédie ?

26/07/2010 RF Aucun commentaire

Le sens de l’Histoire, aussi bien en terme “objectif” -son résultat- qu’en terme “subjectif” -ses moyens- est probablement au coeur et à la racine de toute société humaine puisqu’elle se fonde tout d’abord sur une mythologie qui tente d’en esquisser les traits. À cette réponse religieuse s’y sont ajoutées, sinon en même temps au moins peu après, des contributions de philosophes, de politiques et enfin d’historiens.

Si c’est effectivement dans cet ordre que ces avis sont arrivés ou plutôt sont acceptés, il ne faut pas y chercher un quelconque paradoxe: la raison, sur laquelle se base la science, apporte plus de questions que de réponses. Alors la foi prend le relais, avec son cortège d’ambivalences propres à chacun. Ce sont d’ailleurs ces dernières qui doivent être au coeur de notre propos car, à notre humble connaissance, il n’existe pas de communauté humaine qui ne les met pas en scène. Le registre théâtral permet de décrire voire d’analyser l’Homme d’hier, lui permettant aujourd’hui de saisir les enjeux de demain. On trouve ainsi trace d’une véritable catharcis par le jeu chez les grecs de l’Antiquité: ce phénomène consiste à la mise en scène de ses peines afin de s’émanciper de ses défauts. Des siècles plus tard, c’est exactement la même idée qui domine les oeuvres culturelles destinées à perpétuer la mémoire des victimes de l’Histoire: la Shoah illustre parfaitement cette conception du repentir. C’est bien d’une repentance qu’il faut parler et qui est parfois refusée, souvent oubliée: l’Histoire n’est écrite que par ceux encore présents en nombre suffisants.

En conséquence, il faut se demander si nous sommes contraints de répéter incessamment les mêmes actes d’une seule pièce ravagée par les peines, ou si nous nous attelons à produire différents chefs d’oeuvre à la mesure, contestable, de l’Homme.

Rétrospectivement, on peut imaginer l’action de nos civilisations comme engluée dans des cycles identiques et permanents: naissance, apogée, chute; avec des nuances dans la douleur qui accompagne ces instants.

Cette vision cyclique est particulièrement présente dans les polythéismes: ceux-là ne contribuant alors qu’au juste cours de celle-ci. Les mythes fondateurs de ces religions aujourd’hui oubliées permettent au croyant de constater un panel varié des comportements qu’il peut rencontrer: la jalousie est surtout présente, s’enracinant dans le terreau fertile des relations entre les personnes. La terrible guerre de Troie (semble-t-il des raids à une seule ambition matérielle) aurait par exemple pour origine l’amour d’Hélène pour Paris au détriment de Ménélas, qui est en plus motivé par les dissensions divines autour d’une simple pomme. Cette explication est certes très romantique, mais elle est tout de même une excellente métaphore de la convoitise des hommes. La Guerre Froide peut ainsi s’insérer dans ce schéma: des puissances hégémoniques n’hésitent pas pendant un demi-siècle à créer des conflits périphériques pour simplement se confronter. Nul doute que d’ici quelques millénaires les bombardements nucléaires du Japon, témoignage de la force américaine contre les velleités russes, seront aussi mythiques que l’intervention de Râ en faveur de Ramsès II à Kaddesh face aux Hittites.

Ces cycles paraissent donc assez récurrents pour qu’il faille à tout prix s’en prémunir: dès lors, le meilleur argument est sans nul doute la peur. On trouve alors des parallèles effrayants entre l’actualité et le passé: la seconde Guerre du Golfe est qualifiée de croisade par quelques chrétiens illuminés, tandis que le Moyen-Orient tout entier risque de s’embraser aux cris vitupérants du djihad islamique. Que ce soit au VII° ou au XII° siècles, ces guerres saintes ont pourtant causé de terribles massacres pour chaque belligérant: la foi aveugle une nouvelle fois celui qui croit avoir appris des erreurs de ses prédécesseurs, alors que ses détracteurs y décèlent à nouveau l’odieux crime. De “der des der” il n’y a donc jamais qu’une illusion temporaire que se sont autant attachés à rompre les nationalistes de la première moitié du XX°s que les idéologistes de la seconde.

Toutefois, n’est-il pas présomptueux, pour ne pas dire cynique, de vouer l’Humanité à son implosion ? Les efforts pour endiguer ses débordements sont trop nombreux pour qu’on refuse de les notifier.

D’aucuns n’ont pas hésité à suivre FUkuyama lorsqu’il annonçait la “fin de l’Histoire”, mais sa théorie ne vaut malheureusement guère plus que celle d’une Société des Nations par Kant.

Il est indnéiable que face aux recommencements perpétuels de drames, l’Homme a tenté de prendre des mesures adéquates par la force et/ou le compromis. Du pacte Briand-Kellogs en 1934 à la rencontre de Malte en 1991, on ne peut que constater la volonté permanente d’agir ensemble. L’union assagie des frères ennemies que sont la France et l’Allemagne écarte pour longtemps tout conflit militaire d’envergure en Europe de l’Ouest. Des forces de maintien de la paix appartenant à la quasi universelle Organisation des Nations-Unies sont placées en temporisation d’innombrables guerres: Liban, Congo, ex-Yougoslavie. On ne peut pas plus balayer les acquis sociaux de l’Etat-providence qui empêchent la misère, corollaire aux aventures nationales de tous types qui n’ont pas su emprunter la voie vers le succès: le projet Healthcare du président Obama est à ce titre éclairant, tant la guerre d’Irak a creusé les finances du pays au point d’en limiter sa portée.

Néanmoins, tous ces efforts ne permettent guère de dessiner autre chose qu’une inlassable répétition de vaines tentatives pour lutter contre le pire. L’intervention étatique aux Etats-Unis d’Amérique risque par exemple de se rompre face à l’intransigeance des Républicains qui ont déjà considérablement limité le New Deal de Roosevelt ou la Nouvelle Société de Johnson. À une échelle internationale, le comique d’un Elstine a cédé la place à l’ivresse d’une Chine à la croissance vertigineuse: l’Iran atomique d’Ahmedinejad est considéré par les Israéliens comme la Tchécoslovaquie de 1938, prélude à une sanglante invasion. Les efforts pacifistes peuvent en effet se retourner contre leurs auteurs et de nos jours l’avenir n’est pas plus éclairé qu’hier: alors qu’Internet est considéré par certains comme l’avènement démocratique par excellence, d’autres font de ce médium un média de contrôle. Clausewitz était d’une lucidité extrême lorsqu’il faisait de la friction entre la théorie et la pratique le nerf de la guerre: le Conseil de sécurité de l’ONU ne vaut pas plus que le mollusque stérile que fut la Société des Nations, non pas à cause de l’absence d’une possible coercition armée, mais par l’impossibilité d’employer cette dernière à cause de l’intangibilité de ses membres permanents face à un monde en constant remaniement.

Les Monsieur Veto ont été raillé depuis Louis XVI car face à des variables trop nombreuses il ne peut y avoir qu’un dilemme cornélien entre la fuite, “lâche soulagement” disait Blum de Munich, et l’affrontement, qualifié de “téméraire sacrifice” par Napoléon.

Au terme de cette brève étude, on ne peut donc qu’esquisser un triste tableau d’une Histoire dont ses protagonistes ne savent qu’interpréter les mêmes chapitres, clos par ou dans la douleur; sans jamais pouvoir en écrire de nouveaux où les remèdes seraient enfin appliqués sans faille.

En effet, l’optimisme veut que seule la pratique est défaillante tant les idées pour enfin jouer une comédie se bousculent: il serait très sincèrement plus agréable de pleurer de rire que de tristesse devant les mensonges de l’ancien Premier ministre japonais, retors conservateur dont on vient d’apprendre qu’il autorisa la présence d’armes nucléaires sur son sol alors même qu’il était élu prix Nobel de la paix pour ses initiatives supposées en matière de désarmement.

Categories: Histoire, Philosophie Tags:

Cécité idéologique

27/06/2010 RF Aucun commentaire

Il est désormais mal aisé de dégager des idées ayant particulièrement trait aux libertés individuelles. Pourtant elles sont inhérentes à tout citoyen, et jusqu’à l’Internaute qui en voit toute l’étendue. Hors de toute barrière, l’individu doit pouvoir bénéficier de l’intégralité de ses droits civiques.

Une question d'équilibre, sans doute ...

Or leur défense étant malheureusement un repère absent de l’échiquier politique français, il semble délicat d’engager une position partisane (et surtout qui ne peut plus qu’être manichéenne) sur des étiquettes stériles.

Qui a donc dit “notre parti au pouvoir, les autres partis en prison” ? Mais bien sûr tous les partisans. Et le moins qu’on puisse dire des partis traditionnels, c’est qu’ils ne sont pas longs à prendre eux-mêmes un parti. Or c’est toujours le même qu’ils ont la lâcheté de prendre : collectiviste, totalitaire, dévorant.

Et par là bien plus proches les uns des autres qu’ils ne se l’avouent. On s’étend volontiers sur l’opposition des partis, sur les abîmes qui les séparent, sur l’impossibilité où est un socialiste de comprendre un nationaliste. On remarque moins à quel point ils se ressemblent, s’accordent : et, si je peux dire, ne font qu’un.

Jean Paulhan – Lettres à un jeune partisan.

D’aucuns prétendent qu’avec la pratique du pouvoir par Mitterrand et plus encore par Jopsin, c’est toute un pan de nos politiciens qui se sont discrédités. Mais il n’a guère fallu que peu de temps pour soulever le doute sur leurs idéologies: elles sont parfaitement friables avec l’opinion commune.

Categories: Philosophie, Politique Tags:

De la mort du troll

27/06/2010 RF Aucun commentaire

En réponse à un article de Cwicket, j’ai publié ce commentaire :

Il faut maintenant arrêter d’essayer de débattre du fond de la question (même si la forme aussi est plus que discutable) avec ces trolls qui cachent si bien la forêt derrière eux. Forêt dont la lisière se profile chaque jour un peu plus.

Désormais, il paraît impératif de se concerter avec les acteurs de bonne volonté, qu’ils soient la société civile, des professionnels et même parmi notre représentation nationale. L’objectif n’est plus de démontrer que la philosophie actuelle du gouvernement et des industries dinosaures est fausse. Cela nous le savons tous, et il faut cesser de débattre sur quelques détails qui ne peuvent plus que diviser l’opposition.

En vérité, c’est une force de proposition qui doit émerger: tous ensemble, partisans du Libre et du commerce, nous devons montrer en quoi nos idées sont parfaitement applicables. Le partage d’oeuvres ne nuit pas aux artistes mais il est encore illégal, alors comment faire en sorte qu’il devienne légal tout en leur assurant une juste rétribution ? La neutralité du Réseau favorise la démocratie, en quoi peut-elle aussi optimiser l’innovation ? La liberté des Internautes soutien l’individu, jusqu’où développe-t-elle la collectivité ?

C’est en répondant aux questions politiques, économiques et sociales, plutôt qu’aux seuls polémiques philosophiques que les trolls 2.0 n’auront plus leur mot à dire, ou tout du moins plus personne pour les écouter. De Stallman ou Lefebvre, qui l’Histoire retiendra-t-elle ?

Categories: Histoire, Philosophie, Politique Tags:

Déclaration des Statuts Numériques

27/06/2010 RF Aucun commentaire

Préambule

Avec l’avènement de l’informatique, une communauté numérique internationale nait peu à peu : Internet. La technologie et la diversité culturelle, qui en sont les bases, doivent être accompagnées du respect des droits inaliénables de ses membres. À l’aube de cette mondialisation numérique, tout aussi conscients de nos devoirs que nos droits, et de leurs multiples violations, nous, Internautes, déclarons par la présente :

Titre 1 : de l’Internaute

Sous-titre 1 : vie publique

Article 1 : l’accès à Internet et la communication en son sein sont des droits.
Article 2 : les Internautes sont égaux en droits et en devoirs.
Article 3 : chaque Internaute a le droit de se connecter à Internet sans dommages pour lui et pour les autres Internautes.
Article 4 : chaque individu est libre de choisir sa façon d’accéder à Internet.
Article 5 : chaque Internaute est libre d’utiliser sa connexion comme lui seul l’entend.

Sous-titre 2 : vie privée

Article 6 : chaque Internaute a droit au respect de sa vie privée.
Article 7 : excepté les publications explicitement volontaires, toute donnée est privée.
Article 8 : chaque Internaute à droit à l’anonymat.
Article 9 : l’utilisation de pseudonymes, d’identités virtuelles différentes de l’identité réelle, ainsi que le chiffrement correspondent au droit à l’anonymat.
Article 10 : aucune donnée de connexion à Internet ne peut être conservée systématiquement.
Article 11: toute conservation exceptionnelle d‘une donnée de connexion à Internet doit être au préalable autorisée par l’Internaute.

Anthropocène numérique

Titre 2 : de l’Internet

Sous-titre 1 : liberté

Article 12 : seul le pouvoir judiciaire peut autoriser la surveillance, l’interception ou l’interdiction d’une donnée.
Article 13 : chaque Internaute a le droit de saisir le pouvoir judiciaire en cas de violation de ses droits.

Sous titre 2 : neutralité

Article 14 : Internet est un réseau autonome et décentralisé.
Article 15 : nul ne peut en posséder plus qu’une part minoritaire.
Article 16 : toutes les données doivent être traitées également.

Sous-titre 3 : partage

Article 17 : le déploiement des infrastructures doit favoriser la communication et le partage au profit du plus grand nombre d’Internautes.
Article 18 : les pouvoirs publics ne peuvent promouvoir une technologie propriétaire.
Article 19 : le système éducatif étatique doit proposer des outils pédagogiques connectés à Internet.

Categories: Economie, Histoire, Philosophie, Politique Tags:

Mécénat global – la Déclaration de Louisiane

26/06/2010 RF Aucun commentaire

Pour résumer brièvement, les internautes versent d’une manière obligatoire une somme contractuelle fixe (ni une redevance, ni une taxe) qui est collectée par les fournisseurs d’accès Internet (FAI) et versée aux différentes sociétés de perception et de répartition des droits d’auteur (SPRD). Les internautes déterminent la clef de répartition de la somme fixe, selon leurs appréciations des œuvres, et non pas selon leurs consommations. Chacun devient donc un mécène. Il n’y a donc pas besoin de surveillance intrusive (coûteuse et pratiquement impossible) des flux de données internet, attentatoire aux libertés individuelles.

Le mécanisme juridique du Mécénat Global ne repose pas du tout sur une exception aux droits exclusifs des auteurs, comme pour la radio ou la photocopie, et comme pour la licence globale qui en est l’extrapolation. Il ne s’agit donc pas d’instaurer une nouvelle exception mais bien de gérer les droits exclusifs, par des dispositions d’ordre public introduites dans les relations contractuelles qui lient respectivement d’une part les internautes avec leurs FAI, et d’autre part les auteurs par le canal de leurs SPRD. Les auteurs et artistes qui ne sont pas membres d’une SPRD ne seront pas obligés de participer au mécénat global. Dans une approche très pragmatique, il est proposé de faire des expérimentations afin de déterminer les détails pratiques de la mise en œuvre, d’une manière transparente, consensuelle, avec l’implication de toutes les parties prenantes.

Le Mécénat Global est un nouveau schéma qui peut potentiellement s’appliquer à la globalité des œuvres numériques qui sont diffusées sur l’Internet quelle que soit la méthode de diffusion. Il devrait permettre d’assurer le financement de la Presse en ligne et des Blogs.

Le Parti Pirate défends le mécénat global comme alternative économique

SCHEMA DE PRINCIPE

1) Chaque internaute est libre de diffuser à titre non commercial des copies conformes d’œuvres déjà publiées d’un auteur ou artiste membre d’une société de gestion collective ou Société de Perception et de Répartition des Droits d’auteur (SPRD)

2) Chaque internaute doit payer une contribution fixe périodique à son fournisseur d’accès internet, pour financer les œuvres

3) Chaque internaute peut attribuer librement des fractions de sa contribution fixe à des œuvres qu’il/elle choisit, dans des limites fixées de pourcentage

4) Les contributions non explicitement attribuées sont réparties selon une fonction visant à diminuer les écarts entre les montants financiers versés finalement aux artistes et auteurs, de façon à favoriser la diversité et l’éclosion de nouveaux talents.
Le schéma juridique et opératoire du mécénat global
1) ne repose pas sur une exception aux droits exclusifs des auteurs
2) repose sur des dispositions d’ordre public dans les différentes relations contractuelles qui lient respectivement :
a) les internautes avec leurs fournisseurs d’accès à Internet (FAI),
b) les FAI et les sociétés de gestion collective ou sociétés de perception et de répartition des droits d’auteur (SPRD) qui reçoivent les fonds envoyés par les FAI.
c) les auteurs et artistes avec leurs SPRD.

3) Chaque FAI calcule automatiquement les montants des contributions attribuées; effectue le transfert des montants attribués à chaque œuvre à ses auteurs et artistes selon des règles établies, puis optionnellement répartit les montants destinés spécifiquement à un auteur ou artiste, de manière à ce qu’ils soient maximisés dans l’étape suivante ( cf n°4 ).

4) Chaque FAI calcule automatiquement la fraction des contributions non-attribuées destinées à chaque auteur ou artiste selon une fonction non-linéaire de son montant attribué.

5) Chaque FAI publie les montants des contributions attribuées à chaque œuvre, et à chaque auteur ou artiste, et les montants de contributions non-attribuées destinées à chacun, et transmet les montants aux SPRD qui les distribuent aux auteurs et artistes avec des frais de gestion dont la limite est fixée par la loi.

Les SPRD seront obligées de mettre en œuvre le mécénat global, par contre les auteurs et artistes qui ne sont pas membres d’une SPRD ne seront pas obligés de participer au mécénat global.

NOTES

1) Sur un plan éthique, dans l’article 1 du schéma de principe , la liberté de diffuser devrait s’étendre à toute œuvre publiée. Cependant le mécénat global, qui est un processus qui permet une adhésion progressive de toutes les parties prenantes, pourrait à terme avoir une portée universelle.

2) Il n’est pas conseillé d’utiliser le terme « créateur » pour un auteur et un artiste, parce que cet usage suggère sémantiquement que les auteurs et artistes auraient des caractères divins, et mériteraient donc un statut de privilégiés.

3) Il n’est pas conseillé d’utiliser le terme « contenu » pour une œuvre parce que cet usage déprécie les œuvres comme des marchandises n’ayant que la fonction de remplir des contenants.

4) Il n’est pas conseillé d’utiliser les termes « compenser » ou « rémunérer » les auteurs et artistes, parce que ces mots laisseraient entendre que le fait pour quelqu’un d’apprécier une œuvre rendrait cette personne débitrice envers l’artiste. Nous rejetons cette présupposition et adoptons le point de vue que le but est de financer les œuvres.

5) Concernant les contributions non explicitement attribuées, afin de réduire les écarts dans le financement effectif des auteurs et artistes, d’atténuer les écarts excessifs de financement dûs à des effets de notoriété et de publicité commerciale, il sera procédé à une phase expérimentale, ouverte et multi-partenariale, afin de déterminer les méthodes et fonctions non-linéaires les mieux adaptées.

6) Le présent texte constitue une déclaration de principes. La mise en œuvre dans chaque pays doit être soigneusement élaborée en tenant compte du contexte juridique et technique local. La mise en œuvre fera l’objet, d’un mode d’emploi élaboré par toutes les parties prenantes et qui devra être approuvé par les auteurs de la déclaration, si cette mise en œuvre désire se revendiquer de la présente déclaration de principes.

7) La présente version de cette déclaration de principes est susceptible d’amélioration et ne constitue pas une version finale.

AUTEURS


Richard Stallman et Francis Muguet, hôtel La Louisiane, samedi 28 février 2009.

Richard Stallman, Président-bénévole de la Free Software Foundation, connu aussi sous les initiales RMS, est un programmeur et militant du logiciel libre. Il est à l’origine du projet GNU et de la licence publique générale GNU connue aussi sous l’acronyme GPL, qu’il a rédigée avec l’avocat Eben Moglen.

Francis Muguet : auteur de la proposition du Mécénat Global, membre de la Société française de l’Internet (SFI), Co-coordinateur du Groupe de la Société Civile au Sommet Mondial sur la Société de l’Information, sur les Brevets, Droits d’Auteurs et Marques.

Categories: Economie, Philosophie, Politique Tags: