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Archives pour la catégorie ‘Histoire’

«Le totalitarisme appartient à l’histoire de la démocratie»

14/11/2010 RF Aucun commentaire

Dans son tome III de «l’Avènement de la démocratie», l’historien Marcel Gauchet envisage les épisodes stalinien et nazi comme des manifestations d’un «désordre interne» aux régimes libéraux nés au XIXe siècle

Pour lui, la démocratie n’est pas un modèle fixe, mais une aspiration qui se cherche sans cesse et ne trouve sa forme qu’au rythme des obstacles et des contradictions qu’elle rencontre. Minutieuse et passionnante analyse des épisodes stalinien et nazi, le tome III montre que «le totalitarisme n’est pas une pathologie extrinsèque, mais une excroissance révélant, en son anomalie, un désordre interne».

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L’Etat providence ne suffit plus

25/09/2010 RF Aucun commentaire

Les sociaux-démocrates n’ont guère renouvelé leur programme

Toute la gauche européenne devrait se rendre en Suède. Car ce petit pays scandinave de moins de 10 millions d’habitants, inventeur de la social-démocratie moderne et de l’Etat-providence le plus performant du demi-siècle passé, vient de connaître un double séisme politique. Il intéresse l’ensemble de l’Europe.

Dans le principe, une écrasante majorité de Suédois, qu’ils votent à droite ou à gauche, soutient toujours son « modèle ». Mais celui-ci donne des signes de fatigue : financement mal assuré, fraudes en tout genre, inadéquation à ces temps de globalisation économique. Faut-il aller plus loin et prendre ce scrutin pour une illustration des thèses de l’essayiste italien Raffaele Simone (Le Monde Magazine du 11 septembre) sur un épuisement intellectuel de la gauche européenne qui expliquerait le triomphe de la droite un peu partout sur le Vieux Continent ?

Raffaele est de la famille, mais n’en dénonce pas moins « une gauche qui semble n’avoir rien compris au véritable bouleversement civilisationnel de la victoire de l’individualisme et de la consommation » ; une gauche qui « jusqu’à très récemment a refusé de discuter de l’immigration de masse et des clandestins », etc.

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Pourquoi le créationnisme c’est vraiment n’importe quoi ?

13/09/2010 RF Aucun commentaire

Par CerberusXt sur Nioutaik .

Petit, ma maitresse, qui avait une forme aigue du syndrome de la Tourette, disait souvent « Vous voyez bande de petits cons, dans la vie il n’y a pas plus bête et teigneux qu’une personne qui mélange la science et sa propre foi et il n’y a pas plus laid et morveux que les 20 pisseux qui me regardent avec leurs gros yeux globuleux en ce moment même » et quand je vois mes photos de classe et les créationnistes je me dis qu’elle avait raison sur tous les points la vieille peau !

Comme je suppose que ma tronche de cake de gamin de primaire vous intéresse autant qu’un zombie s’intéresse aux fluctuations boursières du cours du blé je vais plutôt vous parler de créationnisme (en plus ça faisait longtemps). Pour ceux qui ne connaissent pas, le créationnisme est une théorie a(hah)lternative (du moins dans la tête de ses défenseurs) qui est censée expliquer l’apparition et le développement de la vie sur terre et qui s’oppose donc, dans le plus pur style combat de catch rigolo, a son ennemi juré : La vilaine théorie de l’évolution de Darwin. La théorie derrière le créationnisme est fort simple et peut se résumer comme suit : « C’est Dieu qui l’a fait ! » Whoa, il y a pas à dire c’est puissant, Science rulez !!

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La CIA menace WikiLeaks

07/08/2010 RF Aucun commentaire

Article paru le 03 avril 2010 sur Logiciel.net .

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Le très célèbre site WikiLeaks.org a révélé au mois de mars un document classé Top secret de la CIA, la fumeuse agence d’espionnage américain, qui indique comment et pourquoi WikiLeaks représente un danger sérieux pour les Etats-Unis. Depuis son lancement en 2006, le site a publié de très nombreux documents compromettants pour de nombreux gouvernements, .

De telles informations sont très dommageables pour l’image d’une puissance, mais cela peut même mener à de terribles conflits internationaux: les manipulations de l’administration Bush pour initier la seconde guerre en Irak, ou les tortures à Guantanamo, et cette semaine vient ainsi de sortir un autre document de la CIA expliquant la propagande à mettre en oeuvre pour que la France envoie plus de soldats en Afghanistan. On comprend donc l’inquiétude de la CIA: « la possibilité que des employés du gouvernement américain délivrent des informations sensibles ou confidentielles à WikiLeaks ne peut pas être écartée » débute ainsi le rapport.


Le rapport est disponible à cette page.

Arguant que d’autres grandes puissances ont déjà censuré le site dans leur pays, où le respect pour les droits de l’Homme est pourtant plus que douteux, comme la Chine et la Corée du Nord, le rapport invite à littéralement détruire WikiLeaks. Il souligne en vérité que le site fait « de la confiance son centre de gravité en protégeant l’anonymat et l’identité des sources« , ce qui conduit donc à recommander « l’identification, l’exposition, le licenciement, des poursuites criminelles, et n’importe quelle autre action légale à l’encontre des sources afin d’endommager ou de détruire la possibilité d’une quelconque nouvelle divulgation par WikiLeaks ».

Cependant, notons que ce rapport date d’il y a désormais plus de deux ans, et que les services de renseignements américains ont préféré agir dans la discrétion pour le moment: les administrateurs du site sont déjà harcelés, rapporte le journal britannique The Guardian, les gardes à vue et perquisitions se multipliant depuis plusieurs mois. Espérons que cela permettra au grand public de mesurer l’importance du site qui a énormément de mal à rassembler suffisamment de dons pour continuer à fonctionner.

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L’Histoire n’est-elle qu’une tragédie ?

26/07/2010 RF Aucun commentaire

Le sens de l’Histoire, aussi bien en terme « objectif » -son résultat- qu’en terme « subjectif » -ses moyens- est probablement au coeur et à la racine de toute société humaine puisqu’elle se fonde tout d’abord sur une mythologie qui tente d’en esquisser les traits. À cette réponse religieuse s’y sont ajoutées, sinon en même temps au moins peu après, des contributions de philosophes, de politiques et enfin d’historiens.

Si c’est effectivement dans cet ordre que ces avis sont arrivés ou plutôt sont acceptés, il ne faut pas y chercher un quelconque paradoxe: la raison, sur laquelle se base la science, apporte plus de questions que de réponses. Alors la foi prend le relais, avec son cortège d’ambivalences propres à chacun. Ce sont d’ailleurs ces dernières qui doivent être au coeur de notre propos car, à notre humble connaissance, il n’existe pas de communauté humaine qui ne les met pas en scène. Le registre théâtral permet de décrire voire d’analyser l’Homme d’hier, lui permettant aujourd’hui de saisir les enjeux de demain. On trouve ainsi trace d’une véritable catharcis par le jeu chez les grecs de l’Antiquité: ce phénomène consiste à la mise en scène de ses peines afin de s’émanciper de ses défauts. Des siècles plus tard, c’est exactement la même idée qui domine les oeuvres culturelles destinées à perpétuer la mémoire des victimes de l’Histoire: la Shoah illustre parfaitement cette conception du repentir. C’est bien d’une repentance qu’il faut parler et qui est parfois refusée, souvent oubliée: l’Histoire n’est écrite que par ceux encore présents en nombre suffisants.

En conséquence, il faut se demander si nous sommes contraints de répéter incessamment les mêmes actes d’une seule pièce ravagée par les peines, ou si nous nous attelons à produire différents chefs d’oeuvre à la mesure, contestable, de l’Homme.

Rétrospectivement, on peut imaginer l’action de nos civilisations comme engluée dans des cycles identiques et permanents: naissance, apogée, chute; avec des nuances dans la douleur qui accompagne ces instants.

Cette vision cyclique est particulièrement présente dans les polythéismes: ceux-là ne contribuant alors qu’au juste cours de celle-ci. Les mythes fondateurs de ces religions aujourd’hui oubliées permettent au croyant de constater un panel varié des comportements qu’il peut rencontrer: la jalousie est surtout présente, s’enracinant dans le terreau fertile des relations entre les personnes. La terrible guerre de Troie (semble-t-il des raids à une seule ambition matérielle) aurait par exemple pour origine l’amour d’Hélène pour Paris au détriment de Ménélas, qui est en plus motivé par les dissensions divines autour d’une simple pomme. Cette explication est certes très romantique, mais elle est tout de même une excellente métaphore de la convoitise des hommes. La Guerre Froide peut ainsi s’insérer dans ce schéma: des puissances hégémoniques n’hésitent pas pendant un demi-siècle à créer des conflits périphériques pour simplement se confronter. Nul doute que d’ici quelques millénaires les bombardements nucléaires du Japon, témoignage de la force américaine contre les velleités russes, seront aussi mythiques que l’intervention de Râ en faveur de Ramsès II à Kaddesh face aux Hittites.

Ces cycles paraissent donc assez récurrents pour qu’il faille à tout prix s’en prémunir: dès lors, le meilleur argument est sans nul doute la peur. On trouve alors des parallèles effrayants entre l’actualité et le passé: la seconde Guerre du Golfe est qualifiée de croisade par quelques chrétiens illuminés, tandis que le Moyen-Orient tout entier risque de s’embraser aux cris vitupérants du djihad islamique. Que ce soit au VII° ou au XII° siècles, ces guerres saintes ont pourtant causé de terribles massacres pour chaque belligérant: la foi aveugle une nouvelle fois celui qui croit avoir appris des erreurs de ses prédécesseurs, alors que ses détracteurs y décèlent à nouveau l’odieux crime. De « der des der » il n’y a donc jamais qu’une illusion temporaire que se sont autant attachés à rompre les nationalistes de la première moitié du XX°s que les idéologistes de la seconde.

Toutefois, n’est-il pas présomptueux, pour ne pas dire cynique, de vouer l’Humanité à son implosion ? Les efforts pour endiguer ses débordements sont trop nombreux pour qu’on refuse de les notifier.

D’aucuns n’ont pas hésité à suivre FUkuyama lorsqu’il annonçait la « fin de l’Histoire », mais sa théorie ne vaut malheureusement guère plus que celle d’une Société des Nations par Kant.

Il est indnéiable que face aux recommencements perpétuels de drames, l’Homme a tenté de prendre des mesures adéquates par la force et/ou le compromis. Du pacte Briand-Kellogs en 1934 à la rencontre de Malte en 1991, on ne peut que constater la volonté permanente d’agir ensemble. L’union assagie des frères ennemies que sont la France et l’Allemagne écarte pour longtemps tout conflit militaire d’envergure en Europe de l’Ouest. Des forces de maintien de la paix appartenant à la quasi universelle Organisation des Nations-Unies sont placées en temporisation d’innombrables guerres: Liban, Congo, ex-Yougoslavie. On ne peut pas plus balayer les acquis sociaux de l’Etat-providence qui empêchent la misère, corollaire aux aventures nationales de tous types qui n’ont pas su emprunter la voie vers le succès: le projet Healthcare du président Obama est à ce titre éclairant, tant la guerre d’Irak a creusé les finances du pays au point d’en limiter sa portée.

Néanmoins, tous ces efforts ne permettent guère de dessiner autre chose qu’une inlassable répétition de vaines tentatives pour lutter contre le pire. L’intervention étatique aux Etats-Unis d’Amérique risque par exemple de se rompre face à l’intransigeance des Républicains qui ont déjà considérablement limité le New Deal de Roosevelt ou la Nouvelle Société de Johnson. À une échelle internationale, le comique d’un Elstine a cédé la place à l’ivresse d’une Chine à la croissance vertigineuse: l’Iran atomique d’Ahmedinejad est considéré par les Israéliens comme la Tchécoslovaquie de 1938, prélude à une sanglante invasion. Les efforts pacifistes peuvent en effet se retourner contre leurs auteurs et de nos jours l’avenir n’est pas plus éclairé qu’hier: alors qu’Internet est considéré par certains comme l’avènement démocratique par excellence, d’autres font de ce médium un média de contrôle. Clausewitz était d’une lucidité extrême lorsqu’il faisait de la friction entre la théorie et la pratique le nerf de la guerre: le Conseil de sécurité de l’ONU ne vaut pas plus que le mollusque stérile que fut la Société des Nations, non pas à cause de l’absence d’une possible coercition armée, mais par l’impossibilité d’employer cette dernière à cause de l’intangibilité de ses membres permanents face à un monde en constant remaniement.

Les Monsieur Veto ont été raillé depuis Louis XVI car face à des variables trop nombreuses il ne peut y avoir qu’un dilemme cornélien entre la fuite, « lâche soulagement » disait Blum de Munich, et l’affrontement, qualifié de « téméraire sacrifice » par Napoléon.

Au terme de cette brève étude, on ne peut donc qu’esquisser un triste tableau d’une Histoire dont ses protagonistes ne savent qu’interpréter les mêmes chapitres, clos par ou dans la douleur; sans jamais pouvoir en écrire de nouveaux où les remèdes seraient enfin appliqués sans faille.

En effet, l’optimisme veut que seule la pratique est défaillante tant les idées pour enfin jouer une comédie se bousculent: il serait très sincèrement plus agréable de pleurer de rire que de tristesse devant les mensonges de l’ancien Premier ministre japonais, retors conservateur dont on vient d’apprendre qu’il autorisa la présence d’armes nucléaires sur son sol alors même qu’il était élu prix Nobel de la paix pour ses initiatives supposées en matière de désarmement.

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De la mort du troll

27/06/2010 RF Aucun commentaire

En réponse à un article de Cwicket, j’ai publié ce commentaire :

Il faut maintenant arrêter d’essayer de débattre du fond de la question (même si la forme aussi est plus que discutable) avec ces trolls qui cachent si bien la forêt derrière eux. Forêt dont la lisière se profile chaque jour un peu plus.

Désormais, il paraît impératif de se concerter avec les acteurs de bonne volonté, qu’ils soient la société civile, des professionnels et même parmi notre représentation nationale. L’objectif n’est plus de démontrer que la philosophie actuelle du gouvernement et des industries dinosaures est fausse. Cela nous le savons tous, et il faut cesser de débattre sur quelques détails qui ne peuvent plus que diviser l’opposition.

En vérité, c’est une force de proposition qui doit émerger: tous ensemble, partisans du Libre et du commerce, nous devons montrer en quoi nos idées sont parfaitement applicables. Le partage d’oeuvres ne nuit pas aux artistes mais il est encore illégal, alors comment faire en sorte qu’il devienne légal tout en leur assurant une juste rétribution ? La neutralité du Réseau favorise la démocratie, en quoi peut-elle aussi optimiser l’innovation ? La liberté des Internautes soutien l’individu, jusqu’où développe-t-elle la collectivité ?

C’est en répondant aux questions politiques, économiques et sociales, plutôt qu’aux seuls polémiques philosophiques que les trolls 2.0 n’auront plus leur mot à dire, ou tout du moins plus personne pour les écouter. De Stallman ou Lefebvre, qui l’Histoire retiendra-t-elle ?

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Déclaration des Statuts Numériques

27/06/2010 RF Aucun commentaire

Préambule

Avec l’avènement de l’informatique, une communauté numérique internationale nait peu à peu : Internet. La technologie et la diversité culturelle, qui en sont les bases, doivent être accompagnées du respect des droits inaliénables de ses membres. À l’aube de cette mondialisation numérique, tout aussi conscients de nos devoirs que nos droits, et de leurs multiples violations, nous, Internautes, déclarons par la présente :

Titre 1 : de l’Internaute

Sous-titre 1 : vie publique

Article 1 : l’accès à Internet et la communication en son sein sont des droits.
Article 2 : les Internautes sont égaux en droits et en devoirs.
Article 3 : chaque Internaute a le droit de se connecter à Internet sans dommages pour lui et pour les autres Internautes.
Article 4 : chaque individu est libre de choisir sa façon d’accéder à Internet.
Article 5 : chaque Internaute est libre d’utiliser sa connexion comme lui seul l’entend.

Sous-titre 2 : vie privée

Article 6 : chaque Internaute a droit au respect de sa vie privée.
Article 7 : excepté les publications explicitement volontaires, toute donnée est privée.
Article 8 : chaque Internaute à droit à l’anonymat.
Article 9 : l’utilisation de pseudonymes, d’identités virtuelles différentes de l’identité réelle, ainsi que le chiffrement correspondent au droit à l’anonymat.
Article 10 : aucune donnée de connexion à Internet ne peut être conservée systématiquement.
Article 11: toute conservation exceptionnelle d‘une donnée de connexion à Internet doit être au préalable autorisée par l’Internaute.

Anthropocène numérique

Titre 2 : de l’Internet

Sous-titre 1 : liberté

Article 12 : seul le pouvoir judiciaire peut autoriser la surveillance, l’interception ou l’interdiction d’une donnée.
Article 13 : chaque Internaute a le droit de saisir le pouvoir judiciaire en cas de violation de ses droits.

Sous titre 2 : neutralité

Article 14 : Internet est un réseau autonome et décentralisé.
Article 15 : nul ne peut en posséder plus qu’une part minoritaire.
Article 16 : toutes les données doivent être traitées également.

Sous-titre 3 : partage

Article 17 : le déploiement des infrastructures doit favoriser la communication et le partage au profit du plus grand nombre d’Internautes.
Article 18 : les pouvoirs publics ne peuvent promouvoir une technologie propriétaire.
Article 19 : le système éducatif étatique doit proposer des outils pédagogiques connectés à Internet.

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