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Etudier le droit

31/08/2010 RF Aucun commentaire

En réaction au Plaidoyer pour étudier le droit à l’école publié sur le Framablog, voici mon commentaire sur un projet qui me paraît maladroit et malvenu:

Je tiens tout d’abord à rappeler que l’ECJS (éducation civique) n’est quasiment pas suivie au lycée: soit le prof s’en fout, soit les élèves, soit les deux ; de même, l’excuse de l’emploi du temps n’est pas valable, car rattraper un autre cours à la place est d’une hypocrisie qui ravit tout le monde. Alors, avant même de s’attaquer au droit il faudrait déjà penser à faire de l’ECJS un véritable cours. Qui plus est, nos institutions sont vues en détail par toutes les classes au lycée: la V° République représente une part considérable du programme d’Histoire des terminales aussi bien pour les L et ES que pour les S.

Ensuite j’aimerai souligner que, tel qu’on nous l’enseigne actuellement à l’université, le droit est chiant. C’est en majeure partie du droit privé, afin de former maints avocats et notaires, où le débat de société n’a guère sa place: il sera plus important de citer la jurisprudence en vigueur que de réfléchir au fond d’une question. Aussi, le droit public n’est guère enseigné que comme une règle intangible que le bon fonctionnaire doit connaître sur le bout des doigts, sans se soucier des questions sous-jacentes (comme le fonctionnement de l’Etat, des collectivités territoriales, des institutions internationales…). C’est une bonne façon de faire le tri entre les très nombreux « candidats », mais certainement pas la meilleure solution pour intéresser les petits citoyens au cadre omniprésent de notre quotidien.

Et cela dure pendant toute la licence, alors imaginez donc au lycée! Nos chères têtes blondes seraient, au mieux, lobotomisées par une avalanche de textes de loi & d’une jurisprudence dont ni l’historique ni le contexte ne seraient suffisamment développés. Au pire ils en seront dégoûtés avant d’en avoir vu la vraie teneur.

Le véritable souci en France est qu’on refuse l’innovation: pousser les apprentis juristes à inventer le droit de demain, plutôt qu’à conserver un droit périmé mais sécurisant par sa « simplicité », voici la solution. Le principal problème n’est pas que le grand méchant loup capitaliste veut une armée de moutons qui ne connaissent pas les lois régissant notre société, ceux qui s’imaginent ce phantasme n’ont jamais du ouvrir un seul livre d’économie car ils auraient alors pu prendre conscience que l’autonomie individuelle en est un fondement crucial.

Néanmoins, cet l’humiliant statut de dictaphone n’est pas rejeté par tous les étudiants (et lycéens, voire citoyens tout court) car ils y n’apprécient guère la précarité. Ne pas se demander pourquoi, n’est-ce pas rassurant ? Il suffit d’appliquer le Code (de procédure) civil(e) / pénal(e) ! Combien sont capables de s’interroger sur la pertinence de tel article, de tel chapitre, ou même de notre hiérarchie juridique ? Mais surtout, combien ont envie ?

Très peu, tellement peu qu’à mon sens environ 3/4 des personnes entrant à l’université en droit (souvent par défaut d’ailleurs) n’y ont pas leur place. Alors, avant de vouloir enseigner le droit au lycée, commençons par en faire entrer le sens dans l’esprit de ceux qui sont censés l’étudier à l’heure actuelle. Instaurer un ensemble de règles qui dépasse, voire qui transcende la subjectivité de chacun, telle est bien la valeur du droit. Or cela n’est vu que superficiellement dans les cours d’introduction générale au droit, et ne suscite pas toujours autant d’interrogation qu’on le souhaiterait en droit constitutionnel. D’ailleurs, le peu d’estime qu’on réserve à ce dernier marque bien l’indifférence collective alors même que la réforme par le constituant en 2008 le place au coeur du quotidien juridique national: pourquoi les étudiants doivent-ils l’abandonner dès leur seconde année de licence alors qu’il y a bien mieux matière à réfléchir sur notre Constitution que sur nos divers Codes ?

En vérité, la réflexion plus qu’une bête application devrait demeurer au coeur des études, mais elle suppose des bases plus générales que beaucoup refusent longtemps (politiques donc, mais aussi philosophiques et historiques). C’est pourquoi il vaudrait mieux au lycée un enseignement de « culture générale » que de droit, car on tomberait inéluctablement dans le piège d’enfermer ces débats dans une prétendue théologie inutile (en fait tout ce qui est théorie, bien qu’appliquée au quotidien, rebute beaucoup de monde) et où l’on se contenterait d’imiter des cours de philosophie qui n’en ont que le nom.

La pensée se découvre mieux par sa qualité que par son exhaustivité: passer en revue tous les philosophes, plutôt que se concentrer sur la mise en oeuvre d’une réflexion autonome, est aussi ridicule que préférer voir notre corpus juridique dans son entier au lieu de se focaliser sur ce qui en est la base. Tout ça me fait énormément penser aux fameuses « classes prépas » tellement françaises: pendant des années, on subit un grave lavage de cerveau à force d’amasser des informations, sans qu’un réel travail de synthèse global soit proposé. Alors, commençons plutôt par simplifier des cours (l’exemple des maths est éloquent) afin de permettre à l’élève de faire du ménage dans sa tête et de mieux savoir ce qu’il voudrait faire et ce qu’il pourrait faire.

Mais le lobby des profs néglige l’avenir de leurs élèves: est-il normal qu’au collège il y ait plus d’heures de « technologie » (assembler deux Légos pour faire un porte-clé lumineux) que d’informatique ? Tant que ces dinosaures n’auront pas compris que c’est à l’école de s’adapter au monde moderne, et non l’inverse, toute l’Education Nationale et même l’Enseignement Supérieur péricliteront.

Qu’un politique se lève pour enfin dire ça, et je vote pour lui!

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La CIA menace WikiLeaks

07/08/2010 RF Aucun commentaire

Article paru le 03 avril 2010 sur Logiciel.net .

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Le très célèbre site WikiLeaks.org a révélé au mois de mars un document classé Top secret de la CIA, la fumeuse agence d’espionnage américain, qui indique comment et pourquoi WikiLeaks représente un danger sérieux pour les Etats-Unis. Depuis son lancement en 2006, le site a publié de très nombreux documents compromettants pour de nombreux gouvernements, .

De telles informations sont très dommageables pour l’image d’une puissance, mais cela peut même mener à de terribles conflits internationaux: les manipulations de l’administration Bush pour initier la seconde guerre en Irak, ou les tortures à Guantanamo, et cette semaine vient ainsi de sortir un autre document de la CIA expliquant la propagande à mettre en oeuvre pour que la France envoie plus de soldats en Afghanistan. On comprend donc l’inquiétude de la CIA: « la possibilité que des employés du gouvernement américain délivrent des informations sensibles ou confidentielles à WikiLeaks ne peut pas être écartée » débute ainsi le rapport.


Le rapport est disponible à cette page.

Arguant que d’autres grandes puissances ont déjà censuré le site dans leur pays, où le respect pour les droits de l’Homme est pourtant plus que douteux, comme la Chine et la Corée du Nord, le rapport invite à littéralement détruire WikiLeaks. Il souligne en vérité que le site fait « de la confiance son centre de gravité en protégeant l’anonymat et l’identité des sources« , ce qui conduit donc à recommander « l’identification, l’exposition, le licenciement, des poursuites criminelles, et n’importe quelle autre action légale à l’encontre des sources afin d’endommager ou de détruire la possibilité d’une quelconque nouvelle divulgation par WikiLeaks ».

Cependant, notons que ce rapport date d’il y a désormais plus de deux ans, et que les services de renseignements américains ont préféré agir dans la discrétion pour le moment: les administrateurs du site sont déjà harcelés, rapporte le journal britannique The Guardian, les gardes à vue et perquisitions se multipliant depuis plusieurs mois. Espérons que cela permettra au grand public de mesurer l’importance du site qui a énormément de mal à rassembler suffisamment de dons pour continuer à fonctionner.

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La libéralisation loupée des jeux d’argents en ligne

07/08/2010 RF Aucun commentaire

Article paru le 03 mai 2010 sur Logiciel.net .

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Une récente étude réalisée pour le très sérieux Monaco IGaming Exchanges confirme les craintes que nous avions exprimées à l’occasion du passage au Parlement du projet de loi de libéralisation des jeux d’argent en ligne. Ce texte ne va guère arranger la situation actuelle car il est bien trop restrictif: contrairement à la volonté soi disant affichée d’ouvrir l’Hexagone à la concurrence, ce sont en vérités les monopoles qui seront indubitablement favorisés.


Les professionnels tirent la sonnette d’alarme quant au législateur aveuglé

Ainsi, ce sont pas moins de 2700 sites illégaux qui perdureront lors de l’entrée en vigueur de la loi, contre seulement 50 légaux: une économie souterraine qui représente 1,5 milliards d’euros en 2010, encore 450 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2011; soit une perte pour le fisc français de 110 millions d’euros en 2010 et tout de même 34 millions d’euros en 2011. L’étude relève en effet que « de nombreux joueurs » vont ignorer les sites légaux, puisque leurs habitudes seront alors remises en cause sans raisons crédibles.

De fait, cette transposition nationale manquée d’une directive européenne est bien trop contraignante pour les innombrables petits et moyens sites, aussi bien d’un point de vue fiscal que physique: les opérateurs légaux seront « durement pénalisés » par ces règles « coûteuses à mettre en oeuvre » comme une licence au prix prohibitif (jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euros), des serveurs en France, voire pire encore la limitation des parties aux seuls joueurs français.


La libre concurrence est un terme absent de cette loi

Et la catastrophe que nous vous annoncions est confirmée en tout point par cette étude: les moyens mis en oeuvre pour lutter contre les contrevenants « sont les plus répressives au monde » alors même « qu’aucune de ces mesures n’est réellement efficace, phénomène que l’on peut constater dans tous les autres pays qui les appliquent ».

Les infractions au futur monopoles de fait (de la Française des jeux, du PMU, ou des actuels pontes comme Betwin) seront très sévèrement punies par l’ARJEL -autorité de régulation des jeux en ligne- qui pourra bloquer et même littéralement effacer un site du reste du réseau en le déréférençant des moteurs de recherche, tandis que les propriétaires risquent des amendes et des peines de prison dignes des trafiquants d’arme (jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende).


Une Cyberdouane sera mise en place, affreux anachronisme pour Internet

Autant d’aberrations qui ne sont pas passés aussi inaperçues pour les professionnels du secteur que pour les parlementaires: « Une telle limitation est justifiée de par le fait que l’agrément accordé est considéré comme une dérogation à la loi du 1er juillet 1983 relative aux jeux de hasard et toujours applicable » explique les avocats du très compétent cabinet VirtuaLegis. En parallèle, « l’ouverture [réelle cette fois] des marchés des jeux en ligne d’une trentaine de pays dans le monde » va isoler les sites légaux français.

Alors que la récente révision constitutionnelle de 2008 impose une étude d’impact à tout nouveau texte de loi, les parlementaires ne se sont pas réveillés avant la saisine du Conseil constitutionnel. Certes il s’agit cette fois-ci d’une proposition de loi, mais en ne s’opposant que très mollement à la majorité présidentielle, sans aucun autre argument qu’un « manque de protection du consommateur », le lâche abandon résonne tragiquement: les socialistes refusent de « légaliser l’illégal » se targuent-ils.


Aucun politique ne s’est préoccupé des citoyens pour cette loi

En d’autres termes: à défaut de savoir se servir du « mulot », nos représentants nationaux nous prennent pour des mules tant ils sont encore une fois déconnectés des réalités numériques du XXI°s: la piètre morale collectiviste n’a plus son mot à dire lorsque l’individu peut enfin profiter de ses libertés individuelles, sans souffrir de douloureuses et illégitimes frontières.

C’est pourquoi, à l’unanimité, les associations de joueurs ne cessent de clamer que le peuple est « le grand perdant de la régulation du marché des jeux en ligne » qui doit entrée en vigueur pour la Coupe du monde de football le 11 juin, où les deux millions de parieurs français devraient abonder.


La France paraît oublier les fondamentaux au coeur de la mondialisation

Quoi qu’il en soit, le monde numérique continue inlassablement ses avancées: les mesures citées « seront soit contournables, soit extrêmement difficile à faire applique », les entrepreneurs talentueux si chers au prix Nobel d’économie Schumpeter ont bien compris qu’à moins de sombrer dans le totalitarisme chinois ou iranien, il estimpossible de « lutter efficacement contre les sites illégaux, et ce principalement parce qu’internet est un outil difficilement maîtrisable« .

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Télécharger, l’âme de l’informatique

07/08/2010 RF Aucun commentaire

En quoi le partage est-il du vol ? Télécharger constitue la nature profonde de toute l’informatique: copier des données, transférer des informations; le numérique n’est que partage, et ne doit donc qu’être libre et neutre.


Jésus approuve ce concept

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