#Bug
Le monde est définitivement entré dans le XXI° siècle et pourtant rien ne s’est passé comme prévu: la paix multipolaire annoncée s’est enterrée avec le mammouth des Nations Unies. Dès le 9/11 tout a changé, et aujourd’hui encore on ne peut pas se balader tranquillement sans qu’on nous rappelle que nous sommes en guerre. Eh oui, le message est plutôt implicite, à vrai dire peu visible au premier regard: le terrorisme rode, il se terre et le seul moyen de le débusquer est d’être avec lui à chaque moment en chaque endroit. Les caméras pullulent, les flics patrouillent et la surveillance se travestie en protection.
Des milliards sont engloutis en permanence pour lutter contre des phénomènes invincibles, tout du moins en les affrontant armé de son seul dogme et d’une inconscience absolue. Afghanistan, Irak, Mexique, Brésil, Iran, Egypte, Tunisie, Bolivie … la liste est longue des lieux où l’armée fait la loi, à défaut d’une loi qui ferait la police. Les dictatures égrainent des prétextes fallacieux pour violer les libertés individuelles, et les élites occidentales les cautionnent jusqu’à ce que la soupape explose comme c’est actuellement le cas au Moyen-Orient.
À dire vrai, il serait carrément niais de s’imaginer que la légalisation des psychotropes comme le cannabis permettrait à coup sûr d’instaurer la paix sur Terre. Néanmoins, cela apparaît comme un profond facteur dans de nombreux conflits. Les pays listés précédemment connaissent en effet de très importants troubles avec le narcotrafic. Pris au sens large, il faut entendre par là que des parts conséquentes des budgets étatiques sont consacrés à lutter contre ces produits dans toutes les situations: consommation, vente, production. De là, des milliards sont engloutis dans les appareils sécuritaires: surveiller la population, réprimer tout contrevenant, détruire les productions, cela coûte extrêmement cher.
Lorsqu’on a pour principe cardinal la liberté individuelle (avec le libre arbitre donc) et que l’on sait que la répression d’un usage parfaitement respectueux vis-à-vis d’autrui cause la morts de centaines de personnes quotidiennement dans le monde, on se doute qu’il faut arranger la situation au plus tôt. L’idéal (et l’on voit les désastres que provoquent tout écart de ce fil conducteur, allant jusqu’à la violation quotidienne des droits les plus fondamentaux) est d’encadrer positivement par la loi non seulement la consommation, mais aussi la production et la vente.
Cela permettrait ainsi de limiter la paupérisation de populations agraires, de littéralement couper l’herbe sous le pieds des seigneurs de guerre qui s’en assurent actuellement le quasi-monopole, et enfin l’argent conservé par la quasi disparition du volet répressif pourrait être investi dans l’aspect préventif du contrôle des psychotropes. Une réforme sur ce sujet très tabou en France est plus que jamais nécessaire, tant l’encadrement juridique des psychotropes est liberticide, inefficace et même contre-productive.
Personne n’a remarqué, ou en tout cas ne s’est ému (si ce n’est la Cour européenne des droits de l’Homme, m’enfin elle ça fait un bail que nul ne l’écoute qu’après des décennies de remontrances…), que la nouvelle procédure de garde-à-vue maintient un régime monstrueux englobant pèle-mêle le terrorisme, le grand banditisme, et les infractions à la législation sur les stupéfiants. En gros, les trois sont assimilés. Et ça, tout le monde s’en fout! Pourtant c’est sans doute ce qui illustre plus la connerie de notre système !
En somme, baisser les bras aujourd’hui serait lâche: certains veulent sauver le monde en remplaçant nos énergies fossiles par des énergies renouvelables. Ces militants de la cause de Mère Nature sont encensés, et à juste titre. Néanmoins, ce n’est pas le seul noble combat dont il faut se préoccuper sans délais: la fonte des glaciers n’embrase pas encore notre planète verte, mais le bleu des gyrophares n’a plus que trop tendance à se pointer pour d’inutiles broutilles chez des citoyens raisonnables et responsables.

